ÉDITORIAL — Sainte-Julienne c. DLF : chronique d’un naufrage annoncé

Après plusieurs démarches, j’ai finalement mis la main sur le communiqué transmis hier aux résidents du Domaine La Fierté (DLF). Et soyons clairs : ce qu’on y découvre devrait faire sourciller tout contribuable qui paie ses taxes sans discuter.
Le jugement est tombé… et il frappe fort.
Les fameux rapports d’inspection d’AmeriSpec, pièce maîtresse de la poursuite de la Ville, ont été rejetés sans détour par le juge Gaétan Plouffe de la Cour municipale.
Non conformes. Illégaux. Inadmissibles. Irrecevables en preuve.
Non conformes. Illégaux. Inadmissibles. Irrecevables en preuve.
Autrement dit : la preuve centrale du dossier n’a même pas franchi le seuil de recevabilité du tribunal. Oui, après des années de procédures, de temps, d’énergie et d’argent public, la pierre angulaire de la poursuite s’est désintégrée en quelques paragraphes de jugement.
Résultat immédiat :
-
Acquittement général pour les résidents
-
Acquittement complet pour le Domaine
-
Des centaines de milliers de dollars d’amendes potentielles balayés d’un seul coup de vent.
Échec et mat.
Pendant que nos élus jouaient aux justiciers inflexibles, des centaines de milliers de dollars provenant de nos taxes ont été englouties dans cette croisade judiciaire. On lance une bataille avec une preuve déficiente, on paie des avocats à prix d’or, et on appelle ça « défendre l’intérêt public ». Il fallait oser. C’est du pur délire.
Comment peut-on engager des procédures aussi coûteuses avec une preuve aussi médiocre ?
Monter un dossier aussi délicat et fragile, y investir une fortune publique, puis subir un revers aussi cinglant : c’est presque une performance. On pourrait décerner un prix… celui de l’amateurisme budgétaire.
Mais le véritable scandale commence maintenant : la facture.
Car ce fiasco judiciaire n’est pas théorique. Ce sont des sommes bien réelles issues de nos taxes qui ont été absorbées par une poursuite qui s’effondre aujourd’hui comme un château de cartes : honoraires juridiques, inspections, procédures, mobilisation administrative pendant des années… tout cela pour un dossier dont la preuve principale n’a même pas passé la porte du tribunal. Nous ne parlons plus d’un simple revers. Nous parlons d’un crash.
Le rapport de force vient de basculer brutalement. Bien sûr, la Ville peut évoquer un appel, promettre de poursuivre la bataille devant d’autres instances. Mais la réalité est implacable : la crédibilité de l’administration municipale de Sainte‑Julienne vient de subir un choc majeur. Et chaque nouvelle étape judiciaire risque désormais de coûter encore plus cher… sans aucune garantie de résultat.
À un certain point, l’acharnement cesse d’être de la rigueur et commence à ressembler à de l’entêtement coûteux. Il serait peut-être temps d’envisager une sortie plus intelligente avant que la facture ne devienne carrément indécente.
Ce dossier révèle des lacunes profondes dans la gestion du litige. Et la question que de plus en plus de contribuables se posent devient inévitable : comment en est-on arrivé là ?
- Publié le .