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Le CRE Lanaudière appuie le BAPE qui renvoie le projet de contournement de Sainte-Julienne sur la table à dessin

14 CRE Lanaudiere logo 2023 e1775755924500Le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière (CRE Lanaudière) estime que le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet de contournement du noyau villageois de Sainte- Julienne confirme les préoccupations soulevées depuis plusieurs années par les citoyens, les groupes environnementaux et plusieurs intervenants du milieu.

Bien que la commission reconnaisse les enjeux de circulation dans le corridor de la route 125, elle conclut également que le projet, dans sa forme actuelle, doit être revu en raison des impacts majeurs qu’il entraînerait sur les milieux naturels et sur la qualité de vie des résidents du secteur.

« Le BAPE envoie un message clair au ministère des Transports et de la Mobilité durable

: il ne suffit pas de démontrer des gains en fluidité de la circulation. Les impacts environnementaux et sociaux associés au projet sont importants et plusieurs aspects fondamentaux doivent être repensés », affirme Francis Bergeron, premier vice-président du conseil d’administration du CRE Lanaudière.

Le corridor visé par le projet traverse un important ensemble boisé comprenant des milieux humides, des cours d’eau, ainsi que des habitats fauniques et floristiques d’intérêt. La commission souligne notamment la grande valeur écologique des superficies boisées qui seraient perdues, ainsi que leur importance pour la communauté qui fréquente ces espaces pour diverses activités récréatives.

Le BAPE recommande d’ailleurs que le Ministère envisage, en plus du reboisement prévu, l’acquisition et la conservation d’un boisé de valeur équivalente à proximité du projet ainsi que la mise en place de mesures compensatoires adaptées aux usages actuellement pratiqués dans les secteurs touchés.

La commission indique également que le Ministère devrait amorcer sans délai l’élaboration d’un plan de compensation pour les pertes de milieux humides et hydriques. Or, dans la MRC de Montcalm, les possibilités d’acquisition de terrains permettant une compensation écologique équivalente sont déjà extrêmement limitées.

Pour le CRE Lanaudière, cette réalité soulève de sérieuses questions quant à la capacité réelle du promoteur à compenser adéquatement les dommages environnementaux causés par le projet.

Un projet coûteux aux bénéfices discutables

Le coût du projet dépasse maintenant les 100 millions de dollars. Dans un contexte où le gouvernement du Québec fait face à d’importantes contraintes budgétaires et où le déficit d’entretien des infrastructures routières existantes continue de s’accroître, le CRE Lanaudière estime qu’il est légitime de remettre en question la pertinence d’investir de telles sommes dans la construction d’un nouveau tronçon routier.

L’organisation s’interroge également sur le choix d’aménager une route à quatre voies alors que les tronçons situés au nord et au sud du projet demeurent à deux voies. Une telle configuration risque de déplacer les problèmes de congestion plutôt que de les résoudre durablement, tout en augmentant les superficies déboisées et les impacts environnementaux.

Miser sur des solutions mieux adaptées aux défis actuels

Dans un contexte marqué par la crise climatique, la perte de biodiversité, l’étalement urbain et la nécessité de protéger les milieux naturels accessibles à la population, le CRE Lanaudière considère que la construction d’une nouvelle route à quatre voies dans un secteur forestier et humide constitue une réponse disproportionnée à un problème de congestion principalement concentré lors des périodes de pointe saisonnières.

Le CRE Lanaudière réitère sa position selon laquelle le gouvernement devrait réévaluer en profondeur ce projet et analyser sérieusement des scénarios alternatifs visant l’optimisation du corridor existant de la route 125 à l’aide des meilleures pratiques d’aménagement, de gestion de la circulation et de sécurité routière.

« Avant de sacrifier des milieux naturels de grande valeur et d’engager des sommes considérables dans la construction d’une nouvelle infrastructure routière, il faut démontrer clairement que les bénéfices attendus surpassent réellement les coûts environnementaux, sociaux et économiques du projet. À la lumière du rapport du BAPE, cette démonstration demeure à faire », conclut M. Bergeron.

 

 

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