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Lettre ouverte: Sainte-Julienne c. Domaine La Fierté : la Ville choisit d’en rajouter une couche.

697792420 1340160421312301 7380095047250501008 n 1Alors que plusieurs espéraient que le jugement récent servirait d’électrochoc et ouvrirait enfin la porte à une désescalade, la résolution adoptée hier le 12 mai en rajoute une couche : la Ville a décidé d’aller en appel.
C'est de bonne guerre, j'en conviens. Mais plutôt que de tirer des leçons d’un revers judiciaire majeur, on choisit de prolonger la bataille… et la facture bien sûr.
Et ce qui rend la décision encore plus décevante, c’est de voir que la proposition vient des deux nouvelles recrues du Conseil de Ville: Jordan Morin et Ève-Lyne Cuggia.
On aurait pu croire que de nouveaux élus arriveraient avec un regard frais, animés par la sagesse d’une saine administration publique et la volonté de freiner l’hémorragie des frais juridiques qui s’accumulent depuis des années. Les citoyens pouvaient légitimement espérer ce vent de fraîcheur, de prudence et de responsabilité. Mais faut croire qu’ils se sont encore trompés, puisque la décision qu'ils ont prise s’inscrit plutôt dans la parfaite continuité d'une vieille administration usée et d’un dossier déjà sérieusement ébranlé par le tribunal. Tellement décevant n'est-ce pas ?
Parce qu’il faut appeler les choses par leur nom : aller en appel, ce n’est pas un simple geste administratif. C’est relancer la machine judiciaire à grands coups de fonds publics. Encore des honoraires. Encore des procédures. Encore des mois, peut-être même des années, de dépenses dont les contribuables devront assumer la facture.
Et maintenant, on connaît enfin l’ampleur de cette facture. Dans son communiqué, la Ville vient de révéler avoir déjà déboursé 317 112,52 $ dans ce dossier. Plus de trois cent mille dollars. Et la bataille continue.
Et pendant ce temps-là, lors de la période de questions, de jeunes contribuables sont venus demander l’aide de la Ville pour quelque chose de simple : offrir à nos jeunes des installations décentes pour jouer au football, un terrain digne de ce nom. La réponse qu’ils ont reçue ? Pas d'argent pour l'instant.
Pas d’argent pour les infrastructures sportives.
Pas d’argent pour les jeunes.
Mais de l'argent pour les avocats, oui, ça on en a. Plus de 317 000 $ pour un litige qui s’étire déjà depuis des années. Et c'est pas fini ! Pour ça, on en a de l'argent.
Et comme si ce n’était pas suffisant, rappelons un détail troublant : la recommandation d’aller en appel provient du même cabinet d’avocats qui, au départ, ne s'était même pas rendu compte que les inspections d’AmeriSpec ne respectaient pas les exigences légales. Autrement dit, ceux qui ont piloté la stratégie initiale, celle qui vient de s’effondrer devant le tribunal, suggèrent maintenant de poursuivre la bataille. Faut le faire ! Difficile de ne pas y voir un sérieux problème de jugement.
Mais après tout… un appel, ça signifie encore des procédures, encore des heures facturables, encore des honoraires. Le compteur juridique continue de tourner pour les avocats.
Le maire a expliqué que l’appel visait aussi à éviter de créer une jurisprudence qui pourrait nuire aux autres municipalités. Sérieusement ? Depuis quand les contribuables de Sainte-Julienne doivent-ils payer pour protéger les finances des autres villes ? Nous voilà donc à assumer la facture pour éviter que d’autres municipalités aient, elles aussi, à faire face aux conséquences de leurs décisions.
On peut bien parler de « défendre les intérêts de la Ville ». Mais à quel moment défend-on l’intérêt des citoyens quand on choisit de prolonger un litige qui a déjà coûté une fortune et dont la crédibilité a été sérieusement ébranlée par l'appareil judiciaire ?
Il y avait pourtant une occasion réelle de changer de cap. Une occasion de reconnaître que la stratégie adoptée jusqu’ici mène à une impasse coûteuse pour les citoyens. Une occasion d’envoyer un signal d’apaisement et de responsabilité financière. Cette occasion vient d’être manquée.
La décision du 12 mai ne marque pas un nouveau départ. Elle marque la poursuite d’un entêtement qui risque de faire gonfler encore davantage une facture déjà salée.
Les contribuables méritaient mieux que ça. Bonne journée !
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